Historique du karate

Introduction

 

Sponsorisé par le « Ryukyu Shinposha » (compagnie du journal des Ryukyu), ce rassemblement historique s’est tenu à Naha (Okinawa) le 25 Octobre 1936, au Showa Kaikan. Etaient présent plusieurs maîtres du karaté-do d’Okinawa parmi les plus célèbres : Hanashiro Chomo, Kyan Chotoku, Motobu Choki, Chibana Choshin, Kiyoda Juhatsu, Miyagi Chojun et Gusukuma Shimpan.
Etaient également invités Sato Koichi, à la tête du ministère de l’éducation ; Shimabukuro Zenpatchi, bibliothécaire en chef pour la préfecture d’Okinawa ; le vice-commandant Fukushima Kitsuma, responsable militaire de la région ; Kita Ezio, un chef de section de la police de la préfecture d’Okinawa ; Goeku Chosho, un chef de section du département de la paix de la préfecture d’Okinawa ; Furukawa Gisaburo, directeur du comité de l’éducation physique de la préfecture d’Okinawa ; Ango Shigeru, un écrivain ; Le président du Ryukyu Shinposha, Ota Chofu (1865-1938) ; L’éditeur en chef du Ryukyu Shinposha, Matayoshi Zasukazu ; le directeur du Ryukyu Shinposha Yamaguchi Zensoku : M. Tamaki, un des journalistes ; M. Oroku Chotei (non identifié) ; et Nakasone Genwa, pratiquant et historien du karaté.
Traduit en anglais pour la première fois [en 1994], cette réunion qui eut lieu en 1936 révèle de riches informations en laissant le lecteur évaluer par lui-même la sagesse de ces messieurs, qui ont eu pour charge de formater le karaté moderne d’avant guerre. Plus encore, en étudiant ce témoignage nous sommes en mesure de commprendre pour la première fois pourquoi le terme de « todé-jutsu » a été changé en « karaté-do », et pourquoi les okinawaiens avaient peur de perdre une pièce importante de leur héritage culturel. En étudiant le compte-rendu de ce meeting historique, pour la première fois publié dans le livre de Kanken Toyama « Karaté-do Daiho Kan » en 1963, il est également possible de comprendre mieux les conditions qui ont mené à la modernisation du karaté-do et quels furent les efforts consentis avant la guerre en vue de son unification et son développement.
L’acteur principal derrière ce rassemblement, Nakasone Genwa est né à Okinawa et obteint son diplôme de l’Université d’Okinawa en 1929. Après avoir déménagé à Tokyo, il s’impliqua dans le mouvement socialiste japonais et travailla en tant qu’éditeur pour ce mouvement. En 1934 il commença à promouvoir et publier plusieurs ouvrages sur le karaté-do. Après la guerre, il continua une carrière de politicien. En 1973, Nakasone écrivit « From Okinawa to Ryukyu » ; il est cependant mieux connu aujourd’hui pour ses brillantes publications de 1938, « Karaté-do Taikan » et « Kobo Kempo Karaté Nyumon » livre qu’il cosigna avec le fondateur du Shito-Ryu, Mabuni Kenwa (1889-1942).
Au meeting de 1936, Nakasone Genwa (1886-1978) était agé de 50 ans alors que Hanashiro Chomo (1869-1945), ancien disciple du légendaire Bushi Matsumura (1809-1901) et éminent maitre de todé-jutsu avait 67 ans. Kyan Chotoku (1870-1945), également ancien disciple de Bushi Matsumura et lui aussi maitre éminent de todé-jutsu était agé de 66 ans. Motobu Choki (1871-1944), le personnage le plus controversé du todé à cette époque avait 65 ans.
Chibana Choshin (1885-1969), ancien disciple de Itosu Anko (1832-1915) et maitre très estimé qui fut le premier à proposer le terme « shorin-ryu » à la place de « todé-jutsu » était agé de 51 ans. Kiyoda Juhatsu (1886-1967), plus ancien élève de Higashionna Kanryo (1853-1917) et lui aussi maître éminent du todé-jutsu qui a fondé le To’on-ryu, était agé de 50 ans ; Miyagi Chojun (1888-1953), le plus connu des élèves de Higashionna Kanryo et maître respecté du todé qui fondera plus tard le Goju-Ryu, avait alors 48 ans ; Gusukuma Shimpan (1890-1954), ancien disciple de Higashionna Kanryu et Itosu Anko, maître respecté du todé était agé de 46 ans.